À quelques mois des Jeux Olympiques de Paris 2024 la société doit faire face à un nouveau défi : faire augmenter la pratique sportive chez les jeunes. Les spécialistes sont en effet en alerte quant à la baisse de l’activité sportive des nouvelles générations et s’inquiètent vis à vis des problèmes que cela pourrait causer sur la santé avec notamment une nette augmentation au fil des années de l’obésité. Pour essayer d’enrayer ce phénomène et d’inciter les jeunes à se (re)mettre au sport, il reste néanmoins une solution miracle qui marche quasiment à chaque fois : mettre en lumière les différents évènements sportifs afin de faire rêver la jeunesse. Et dans ce domaine là,, nous avons un champion du monde qui permet chaque année au grand public de découvrir des sports jusqu’alors très peu pratiqués : les Jeux Olympiques. Il faut donc se demander comment les Jeux Olympiques (JO) peuvent-ils permettre d’augmenter la pratique de certains sports chez les jeunes français ? Pour répondre à cette question, nous commencerons par voir l’importance des icônes du sport avant de voir comment un grand parcours dans une discipline peut être un facteur d’augmentation du nombre de licencié avant de finir par la question des jeunes filles, encore et toujours mises à l’écart lorsqu’il s’agit de parler ou tout simplement de faire du sport.
Les marques se les arrachent à prix d’or, chaque année les montants qu’ils touchent sont de plus en plus importants et ils font tous les ans parti des personnalités préférées des français : ce sont les icônes du sport. Si depuis quelques années les chiffres s’envolent et certaines stars du foot notamment sont mises sur le devant de la scène c’est pour une raison bien précises : ils font rêver les jeunes. Zidane Zidane en est le parfait exemple, impossible de marcher dans la rue dans les années 2000 en France sans voir un adolescent arborer fièrement un maillot floqué au nom du célèbre milieu offensif. Cet exemple marche aussi dans d’autres disciplines et certains sportifs ont même incité des générations entières à pratiquer leur sport. C’est notamment le cas du champion incontesté du judo Teddy Riner. Avec des pubs pour une célèbre marque de gâteaux industriels pour enfants le Judoka est devenu en quelques années une véritable rockstar et ce grâce à ses différentes victoires et à la dictature qu’il a imposé dans son sport. Grâce à ces différents procédés et à sa forte exposition médiatique le multiple médaillé d’or aux Jeux Olympiques s’est servi de son impact pour expliquer comment la pratique d’un art martial comme le judo pourrait aider les plus jeunes à se canaliser et à apprendre le respect et l’autorité. Alors depuis quelques années on assiste à la création de plus en plus de cours de judo et la Fédération a vu son nombre de licenciés exploser faisant de la France l’une des meilleures nations dans les épreuves de judo des JO. Si les individualités peuvent créer un véritable engouement pour une discipline il en va évidemment de même pour les sports plus collectifs ou pour certaines générations qui ont marqué l’histoire.
En France nous avons de la chance, nous sommes de véritables champions en terme de sports collectifs et nos équipes marquent souvent l’histoire des compétitions. Je pourrais par exemple vous parler des « barjots », une génération de handball des années 90 qui a permis à la France de rafler ses premiers trophées et qui avait su garder un esprit amateur. Avec des records battus et un comportement qui a beaucoup plu au français et qui leur a d’ailleurs valu ce surnom, les handballeurs avaient trouvé la recette parfaite pour faire parler d’eux. Et encore une fois ça a eu pour effet de faire exploser le nombre de licenciés, ce qui a permis aux clubs d’avoir de plus en plus de bons joueurs. Aujourd’hui, l’équipe de hand des bleus fait d’ailleurs partie des toutes meilleures grâce à l’arrivée de beaucoup de jeunes marqués par cette génération miracle qui leur a donné envie de pratiquer ce sport. Plus récemment, c’était au tour des volleyeurs français de faire forte impression auprès des jeunes. Le volley c’est un des sports dont on ne parle jamais, ou presque, à part à la page 72 de votre quotidien qui fait un encadré à peine visible pendant les périodes de JO, Coupe du Monde ou encore de l’euro ce sport est généralement très peu médiatisé. Pourtant il y a 4 ans l’équipe de France a réussi à choquer son monde en faisant une compétition de folie. Ce parcours a permis de rendre les matchs de plus en plus médiatisés au fil de la compétition grâce à la qualité de jeu exceptionnelle de nos volleyeurs. Une action a même fait le tour de la France sur les réseaux sociaux lorsqu’un joueur a fait un feinte absolument brillante lors du point décisif pour permettre à l’équipe de france de remporter la demi-finale. Ce parcours a permis de booster le nombre de pratiquants et aujourd’hui, de plus en plus de jeunes s’intéressent à ce sport spectaculaire. Alors si les fédérations ont besoin d’un petit coup de pouce niveau licenciés, ils savent ce qu’il leur reste à faire lors des prochains jeux…
D’ailleurs cette exposition médiatique ce serait bien qu’elle bénéficie à nos féminines. Pourtant pas mauvaises dans la plupart des sports et parfois bien meilleures que leurs homologues masculins ces dernières sont toujours mises à l’écart par les médias. À l’heure des grands débats sur l’égalité de genre dans la plupart des métiers, ça serait bien que ce débat arrive aussi dans le sport. La Coupe du Monde (CDM) de football féminin qui a eu lieu en France en France en 2019 a par exemple été une superbe vitrine pour les filles. Avec un parcours pas ridicule (une défaite face aux ultras favorites américaines et futures gagnantes de la compétition) et des audiences record pour un match de foot féminin réalisé par TF1 ça sentait bon pour cet après Coupe du Monde qui allait être géré par la FFF. Et la suite leur a même donné raison puisque que le nombre de jeunes filles qui se sont par la suite inscrites dans un club a bondi juste après la Coupe du Monde. Cependant, depuis quelques années les matchs de nos bleues sont retombés dans l’oubli, l’achat des droits de la dernière CDM féminine ont même été un fiasco (l’horaire des matchs tôt le matin n’ont pas aidé il faut bien l’avouer). Et ce schéma se répète même dans la quasi totalité des disciplines. Je pourrais par exemple prendre comme illustration le formidable exploit qu’avait réalisé Floria Gueï lors du 4 fois 400 mètres aux championnats d’Europe où elle était revenue sur ses concurrentes qui avaient pourtant une bonne longueur d’avance et qui a permis aux françaises de monter sur la première marche du podium. Il faudrait donc que les sportives féminines puissent obtenir une stabilité de la part des médias et puissent avoir une place plus importante sur la scène médiatique afin que les jeunes filles comprennent qu’il est possible de vivre du sport en France et que ce n’est pas réservé uniquement aux hommes.
De ce fait, pour que les Jeux Olympiques puissent permettre d’augmenter la pratique de certains sports chez les jeunes, cela passe par un procédé tout simple : des victoires et beaucoup de médailles dans le plus de disciplines possible pour faire remonter le nombre de licenciés. Évidemment, il faudra aussi que tous les sports soient logés à la même enseigne ou tout du moins essayer de réduire le plus possible les inégalités entre certains sports et entre les femmes et les hommes. Ce qui est en tout cas sûr c’est qu’il y aura en tout cas une corrélation entre le nombre de licenciés et la fin des Jeux Olympiques de Paris 2024, reste cependant à voir de combien va augmenter le nombre de pratiquants.