
Bruno le Maire est un homme de droite, il est passé par l’UMP, Renaissance et marche depuis 2017 avec Emmanuel Macron : il est l’un des hommes de confiance du Président de la République.
Le cinquantenaire se distingue par une bonne fibre sociale, une carrière politique longue comme le bras ( ministre de l’agriculture sous Sarkozy, député, conseiller ou encore secrétaire d’État aux affaires européennes) mais surtout par une grande discrétion dans les médias. Pourtant, il dispose d’un ministère clé, scruté par les Français dans un contexte difficile du fait de l’inflation. Soutenu par son directeur de cabinet, Jérôme Fournel, et de son chef de cabinet, Augustin Cellard, le diplomate dispose d’une communication très ficelée. Décrit par ses pairs comme quelqu’un de convaincu, voire même d’obstiné, le pensionnaire de Bercy a cependant une personnalité critiquable, proche de Gérald Darmanin et de Sébastien Lecornu, le trio ne se gêne pas d’esclaffer le mercredi lors du Conseil des Ministres, ce qui agace leurs collègues. Il bénéficie néanmoins d’une bonne image auprès de l’électorat, mais aussi du Président de la République, qui apprécie sa loyauté, un trait de caractère qui l’a sauvé au moment où Emmanuel Macron songeait à s’en séparer. En Europe, Bruno le Maire, jouit aussi d’une bonne relation avec Ursulla Von der Leyen mais aussi avec l’Allemagne, principal partenaire économique de la France, et se décrit même comme le « ministre le plus allemand » de la République.
Les réformes de Bruno le Maire

En 2018, il porte la loi Pacte, définitivement adoptée par le Parlement le 11 avril 2019. Cette loi est destinée à faire grandir les entreprises françaises et à repenser la place qu’elles occupent dans la société. Début 2020, les entreprises sont appelées à augmenter le salaire des employés. Considérant que le gouvernement a fait sa part du marché avec la défiscalisation des heures supplémentaires, la baisse de l’impôt sur le revenu et l’augmentation de la prime d’activité. En juin 2021, il se déclare favorable à ce que l’État avance l’âge de la retraite de 62 à 64 ans, estimant « qu’il ne faut pas remettre à demain ce qu’on peut faire aujourd’hui ». D’après le Monde, Bruno le Maire a notifié à son entourage et notamment à Emmanuel Macron son ambition de prendre la direction générale du FMI ( Fond Monétaire International ), dont le renouvellement est prévu en 2024. Dans cette optique, il se constitue un réseau d’appuis, dont l’ancien secrétaire au Trésor sous Donald Trump, Steven Mnuchin. Plus récemment, lors du projet de loi de finances 2023, il supprime la taxe sur les « super dividendes », pourtant votée à l’Assemblée nationale, la jugeant « injuste ». Actuellement, le ministre multiplie les aides afin de lutter contre l’inflation et planche sur un projet de loi visant à simplifier les démarches administratives.
Bruno le Maire, un homme controversé

Passionné par la littérature, la politique, la finance, mais aussi par la sexualité, c’est un homme aux multiples facettes. Auteur à succès, le ministre a écrit plusieurs ouvrages qui ont reçu de bonnes critiques, pourtant en 2023 il s’attire les foudres du grand public après la parution de « Fugue américaine », un roman comprenant de nombreux passages érotiques. Ses mots ont fait le tour des réseaux sociaux, mais aussi des médias qui critiquent son style et qui se demandent comment le ministre réussit à écrire autant d’ouvrages malgré son poste. Bruno le Maire est aussi souvent rattrapé par son passé, comme en 2013, lorsqu’il s’était abstenu de se prononcer sur le mariage pour tous. Une prise de position qui a pu faire sourire lorsque le ministre louait des « mentalités qui évoluent (…) dans un pays qui il y a dix ans seulement se déchirait encore sur le mariage pour tous » lorsqu’il parle de l’orientation de son premier ministre Gabriel Attal.
Arthur Charpentier
Jeanne Pierlot